Strokes
Le 4 février 1999, Amadou Diallo, jeune Guinéen sans casier judiciaire, est abattu à New York par quatre policiers blancs — quarante et une balles tirées, dix-neuf l'atteignent. Il n'était pas armé. Strokes est la traduction scénique de cette tragédie, entre texte, cirque et musique live.
Le projet trouve son origine en 2021 au Festival d'Avignon, où Hakim Bah, Juan Ignacio Tula et Arthur B. Gillette créent une première forme courte, Pourvu que la mastication ne soit pas longue. Strokes en est le prolongement : une création plus ample pour la salle, qui s'ouvre à une quatrième présence sur le plateau — une rappeuse incarnant la figure de la Mère, portant une parole mêlant récit intime, colère politique et mémoire collective, entre rap et krump.
Sur scène, Hakim Bah porte le texte et la mémoire ; Juan Ignacio Tula tourne avec sa roue Cyr, cercle du deuil et de la violence ; Arthur B. Gillette compose en direct la matière sonore et incarne les figures de l'autorité. La scénographie, inspirée de l'univers urbain new-yorkais et de l'énergie picturale de Basquiat, joue de miroirs sans tain pour fragmenter et démultiplier la ville — un espace à la fois concret et mental, entre tribunal, rue et mémoire.