Douze
Alexia, lycéenne de 15 ans, est assassinée par un camarade de classe pour avoir « refusé ses avances » le 1er février 2016. Douze est une pièce sur la silenciation des femmes victimes de violences, sur l'amour obstiné des mères, et sur l'échec de la justice.
L'autopsie révèle 27 coups de couteau, dont douze portés après la mort de la jeune fille ; le procès s'est tenu à huis clos, l'excuse de minorité a été retenue. Douze est la partition d'une parole coupée, en douze scènes — ou « chants » — construite par répétitions, comme une litanie, autour d'images obsédantes : la pierre, le trou, l'eau, le sang.
Le théâtre devient l'espace d'un procès public par défaut : le spectateur seul est juge. A., la victime, cherche à échapper à l'emprise de son meurtrier et au trou dans lequel il l'a enfermée — pour rejoindre les entrailles de sa mère, puis la mer. Trois interprètes se distribuent les rôles autour d'elle, dans une scénographie organique faite de bâche, de copeaux de liège et de projections vidéo.
Douze est lauréat de la bourse Jean Guerrin-Berthelot (2024) et de l'aide nationale à la création d'ARTCENA (2025). Le projet a été présenté à la MAC de Créteil dans le cadre du festival Impatience en décembre 2025 ; la création est annoncée en Charente-Maritime le 14 novembre 2026.